Copropriétaires : 5 choses à éviter absolument
- Jonas Depatie, ing.

- 13 juil. 2023
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 10 déc. 2025
Être copropriétaire peut sembler simple au premier abord, mais vivre en copropriété vient aussi avec son lot de responsabilités financières, légales et relationnelles. En effet, si certains copropriétaires ont encore trop souvent l’impression, à tort, d’être locataire et donc d’agir comme tel, il importe de mieux comprendre les responsabilités associées à ce nouveau statut de propriétaire.
Afin de mieux comprendre vos responsabilités en tant que copropriétaire et leurs impacts, l’équipe de DBC vous présente dans cet article 5 choses essentielles à éviter. Ces éléments vous permettront non seulement de protéger votre investissement immobilier, mais aussi de contribuer à un environnement de vie plus agréable et plus harmonieux.
Chose à éviter #1 : Cesser de payer vos frais de condo ou les payer en retard
Dans le but d’exprimer leur mécontentement à l’égard de dépenses ou de décisions qu’ils jugent injustifiées, certains copropriétaires peuvent croire que cesser de payer leurs frais de copropriété est un bon moyen de pression. Pourtant, c'est une très mauvaise idée : ces frais servent, avec ceux de vos voisins, à financer l’entretien des parties communes, les services partagés et toutes les dépenses nécessaires au bon fonctionnement de l’immeuble.
Si un copropriétaire cesse de payer ses frais, cela peut entraîner des conséquences lourdes :
devoir payer des intérêts, si la déclaration le permet ;
perdre le bénéfice du terme et devoir payer les frais annuel en un paiement à l'avenir ;
perdre son droit de vote lors des assemblées ;
être mis en demeure et poursuivi par le syndicat ;
ou encore, le syndicat pourrait inscrire une hypothèque légale sur la partie privative.
Un copropriétaire qui cesse de payer ses frais de condo est potentiellement plus dommageable dans le cas d’une petite copropriété : le budget est souvent plus limité, ce qui accroît le risque de ne pas être en mesure de payer des dépenses courantes. Par exemple, l'incapacité de payer l'assurance du syndicat pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l'ensemble des copropriétaires.
Les copropriétaires doivent trouver d’autres moyens d’exprimer leur mécontentement, tels que prendre la parole lors de l’assemblée générale des copropriétaires, ou communiquer leur mécontentement par écrit au conseil d’administration. Ces canaux de communication permettent d’aborder les préoccupations de manière constructive et de chercher des solutions viables pour tous les copropriétaires.
➡️ Voyez les frais de condo comme un investissement collectif : en les payant à temps, vous contribuez à la stabilité financière de la copropriété, ce qui protège votre propre unité et la valeur de votre l’immeuble à condo à long terme.
Chose à éviter #2 : Ne pas respecter la déclaration de copropriété
La déclaration de copropriété et les règlements qui l’accompagnent constituent la fiche de route de l’immeuble. Elle définit les droits et obligations de chaque copropriétaire.
Lorsqu’un copropriétaire choisit d’ignorer ou de ne pas se conformer à la déclaration de copropriété, il manque de respect aux autres copropriétaires qui, eux, se conforment à cette déclaration.
Ignorer ou ne pas respecter ces règles peut entraîner le refus d’accès aux parties communes où les règles de conduites n'ont pas été respectées, ou l’imposition de pénalités (si la déclaration contient une clause pénale).
➡️ Il est crucial que tous les copropriétaires lisent et respectent les dispositions de la déclaration de copropriété. En agissant ainsi, ils contribuent à maintenir l’harmonie au sein de la copropriété.
Chose à éviter #3 : Entreprendre des travaux dans sa partie privative sans consulter les règlements ni informer le CA
Bien que les copropriétaires aient le droit de jouir de leur partie privative, ce droit est généralement limité dans une certaine mesure, et ce, afin de ne pas nuire aux autres copropriétaires ou encore compromettre la conservation de l'immeuble et des parties communes.
C'est pour ces raisons que, généralement, les déclarations de copropriété (DDC) stipulent qu'un copropriétaire doit obtenir l'autorisation du conseil d'administration (CA) avant d’entreprendre des travaux dans sa partie privative.
En effet, plusieurs travaux sont susceptibles d'avoir un impact sur les autres parties privatives, par exemple, l’insonorisation et l’étanchéité ou encore des éléments communs :
structure ;
plomberie ;
électricité.
Il ne faut donc pas prendre les travaux dans une partie privative à la légère. De plus, si des travaux sont entrepris sans autorisation et sans respecter les procédures en place, le syndicat pourrait :
exiger des pénalités ;
obtenir des avis professionnels au frais du copropriétaire ;
et même exiger de remettre les lieux dans leur état initial.
Obtenir l’autorisation du CA permet également de mieux encadrer la réalisation des travaux dans les parties privatives. Le CA peut ainsi :
Consulter les plans et devis du copropriétaire pour évaluer les impacts potentiels sur les parties communes ou sur les autres parties privatives ;
Inciter le copropriétaire à faire affaire avec un professionnel ;
Déterminer les meilleures heures pour effectuer les travaux ;
Rappeler au copropriétaire les spécifications établies pour les différents types de travaux ;
Fournir des plans dont il dispose (ex : plomberie, électricité) afin d’aider à la réalisation des travaux.
Le CA joue un rôle crucial dans la préservation et la gestion de la copropriété, et il est primordial de lui permettre de jouer ce rôle. En obtenant l'autorisation pour effectuer des travaux, les copropriétaires contribuent à maintenir l’intégrité de l’immeuble et à prévenir les problèmes potentiels liés aux travaux non autorisés.
➡️ Avant tout projet de rénovation ou modification, consultez les règlements, soumettez un plan ou devis au conseil d’administration, et obtenez l’autorisation avant de commencer. Cela protège votre unité et la copropriété tout en évitant des déconvenues.
Chose à éviter #4 : Ne pas assister aux assemblées générales annuelles (AGA) de la copropriété
Il est malheureusement courant que des copropriétaires ne se présentent pas à l’assemblée générale annuelle (AGA), que ce soit par manque de temps, par indisponibilité ou à un désintérêt général envers la copropriété.
Toutefois, les assemblées générales (AGA) offrent aux copropriétaires l’occasion :
de s’informer;
de débattre des enjeux;
de voter sur les décisions importantes concernant l’immeuble.
On rencontre souvent des copropriétaires qui sont mécontents de l’administration de la copropriété ou des décisions qui sont prises, mais qui eux-mêmes ne se présentent pas aux AGA pour participer aux débats et aux décisions.
Quand des copropriétaires absents critiquent la gestion ou les dépenses, mais ne participent jamais aux assemblées, ils renoncent en réalité à leur droit d’influence et on ne le dira jamais trop souvent : les absents ont toujours tort.
➡️ La participation à l’AGA est importante : c’est une occasion précieuse pour les copropriétaires de contribuer activement à la vie de la copropriété, d’exprimer leurs préoccupations, de poser des questions et de prendre part aux décisions qui les concernent directement.
Chose à éviter #5 : Dénigrer ou critiquer publiquement le travail du conseil d'administration (CA) ou pire, harceler ses membres
Il peut arriver que certains copropriétaires aient envie d’exprimer leur insatisfaction à l’égard du travail réalisé par les administrateurs ainsi que de leurs décisions. Toutefois, la façon de le faire compte énormément.
Des propos trop durs ou irrespectueux (dans des groupes Facebook, par exemple, ou autour de la piscine) peuvent détériorer les relations avec le conseil d’administration et miner la confiance entre les copropriétaires. Des tensions répétées peuvent également décourager les administrateurs, nuire à l’engagement collectif, voire créer des divisions.
Pour préserver un climat sain, il vaut mieux canaliser ses préoccupations via les bons canaux :
assemblées;
communications formelles;
et s’exprimer avec respect.
➡️ Privilégiez une communication constructive, respectueuse et structurée : elle facilite la collaboration, prévient les conflits, et contribue à maintenir un esprit communautaire sain.
Agir en copropriétaire responsable, pour le bien de tous et de la copropriété
Adopter de bonnes pratiques en copropriété n’est pas seulement une question de respect des règles, c’est un investissement dans la qualité de vie de tous… y compris la vôtre!
En évitant ces cinq pièges, vous contribuez directement à la stabilité financière, à la bonne gestion et à l’harmonie de votre immeuble. La copropriété fonctionne comme un écosystème collectif : chaque geste individuel a un impact réel sur l’ensemble. Payer ses frais, participer aux décisions, suivre les règlements et communiquer avec respect sont des actions simples, mais essentielles pour préserver la valeur de l’immeuble, éviter les conflits et maintenir un bon climat entre voisins.
En résumé : être copropriétaire, c’est bien plus que posséder une unité. C’est jouer un rôle actif dans une communauté et protéger son patrimoine sur le long terme.


